Didier Talobre : Dix axes de travail pour développer le cyclisme en Haute-Loire

Vélo

LE 3/02/2021 À 9:42

Depuis décembre 2020, le comité de cyclisme de Haute-Loire peut compter sur un nouveau bureau. À sa tête, Didier Talobre, figure bien connue dans les pelotons du département. A 52 ans, celui qui parcours toujours autant les routes de notre région a déjà mis les mains à la pâte et compte bien développer son sport et sa passion en Haute-Loire. Pour cela, Didier Talobre et son équipe se sont déjà fixés plusieurs axes de travail. Rencontre avec le nouveau président du comité de cyclisme de Haute-Loire.

Didier, vous êtes une personnalité bien connue du monde du vélo en Haute-Loire, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Natif du Puy-en-Velay, âgé de 52 ans, j’ai un frère, Laurent, qui est mon aîné de trois ans. Nous avons vécu et grandi à Séneujols, domicile de mes parents. Mon père, qui était artisan maçon-charpentier, nous a inculqué très tôt les valeurs du travail en nous faisant participer à l’activité et à la réussite de l’entreprise familiale. Dès notre plus jeune âge (8 ans pour ma part), nous avons pratiqué le vélo et la compétition, virus contracté par notre père, ancien coursier. Après une période d’apprentissage en maçonnerie dans l’entreprise, j’ai intégré en 1988 le service militaire en gendarmerie, tout comme mon frère, et nous y avons fait carrière. J’ai ainsi servi une trentaine d’années dans des unités opérationnelles (brigade territoriale et peloton de surveillance et d’intervention) principalement dans les départements d’Auvergne, hormis l’Allier, pour terminer à des fonctions de commandant de brigade. Fin 2019, j’ai décidé de m’orienter sur ma passion et d’entreprendre une reconversion en préparant le DEJEPS (Diplôme d’Etat de la jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport – option Cyclisme traditionnel) au Creps de Poitiers.  

Parallèlement à mon parcours professionnel, j’ai continué à pratiquer le cyclisme en compétition au niveau régional (principaux clubs : Vélo Club du Velay – Union Cycliste St Chély d’Apcher et Vélo Sport Brivadois), mais aussi au travers d’épreuves militaires. Épreuves au cours desquelles j’ai connu une dizaine de podiums nationaux avec un titre de champion de France et cinq titres de vice-champion de France ainsi qu’une sélection en équipe de France cycliste gendarmerie. Mais avant tout, j’ai eu l’honneur de croiser la route de coureurs comme Romain Bardet, Florian Vachon, Rémi Cavagna, Nacer Bouhanni…, et aussi de lier des amitiés profondes avec des passionnés du sport cycliste dans tout l’hexagone.

Cela fait déjà quelques années que vous êtes engagé dans le cyclisme au niveau départemental, peut-on parler d’une suite logique dans votre parcours ?

Je n’ai pas fait le compte, mais j’ai dû au moins épingler 1000 dossards dans le dos depuis mes débuts. Dire que je peux apporter une expertise à l’évolution de ce sport qui m’a tant apporté, sans nul doute, même si je ne bénéficie que d’une courte expérience de dirigeant (secrétaire du Vélo Club du Velay à sa création).

J’ai vu le déclin des organisations dans ce département que j’aime, et qui pourtant se prête à merveille à toutes les pratiques cyclistes. Et en même temps, nous n’avons jamais eu d’aussi beaux représentants et ambassadeurs de notre sport (Romain Bardet pour la route, les frères Pierron, Amaury et Antoine pour le VTT de descente et Jordan Sarrou pour le VTT Cross-country). Ce constat ne pouvait me laisser indifférent.

La période actuelle fait beaucoup de mal au monde du sport, notamment amateur, qu’en est-il du cyclisme ?

Toutes les disciplines sont bien sûr impactées et le cyclisme n’y coupe pas. Ce sont tout d’abord les organisations régionales qui ont été suspendues, reportées, voire annulées. Le danger est là avec le risque que certaines ne puissent être renouvelées. Nous attendons toujours à ce jour les conditions dans lesquelles nous pourrons à nouveau pratiquer les compétitions au niveau régional. L’envie est toujours là, et nos jeunes dans leur grande majorité restent motivés et continuent à s’entraîner. Mais, il faut pouvoir leur donner des perspectives, des objectifs de compétition rapidement. On s’entraîne pour courir !   

Vous aviez été à l’origine de la création d’une équipe départementale. Cette fédération des clubs de Haute-Loire vous est chère. Quel est son objectif ?

Oui, c’est un projet que j’ai conduit l’année dernière dans le cadre de ma formation au sein du comité départemental. Ce projet que j’avais présenté préalablement aux clubs a séduit et créé l’enthousiasme chez les dirigeants et coureurs de la Haute-Loire. Il s’agit tout simplement de regrouper les meilleurs éléments, principalement de la catégorie « relève » juniors-espoirs (17-23 ans), pour les accompagner et élever leur niveau, avec la particularité qu’ils restent licenciés dans leurs clubs respectifs. À plus ou moins long terme, l’objectif est de franchir des paliers pour atteindre un niveau national amateur et une fois aguerris, orienter les plus talentueux sur d’autres structures plus importantes de type Equipe N1.     

Où en est-elle à ce jour ?

Il est clair que la période n’a pas été favorable, mais je poursuis la construction de cette équipe à laquelle je crois profondément. Il nous faut en premier lieu un calendrier sportif avec des épreuves, mais aussi trouver des financements nécessaires aux déplacements et développement de l’équipe. Je reste confiant malgré les difficultés du moment.

Quels sont les autres points clefs que vous souhaitez améliorer ou instaurer au cours de votre présidence ?

J’ai fixé dix axes de travail pour développer l’activité cycliste du département :

1- Élever le niveau et la pratique en général des catégories.

2- Apporter un soutien humain et logistique aux clubs.

3- Relever le taux et le niveau d’encadrement des éducateurs.

4- Accompagner les jeunes dans leurs parcours scolaire/sportif socioprofessionnel.

5- Encourager toutes les pratiques cyclistes.

6- Valoriser la pratique du cyclisme féminin.

7- Apporter des conseils sur la performance et la santé.

8- Augmenter et dynamiser les organisations.

9- Étendre le champ d’action et défendre les intérêts de la Fédération Française de cyclisme.

10- Accroître la communication et l’image du territoire.

Si aucun de ces axes ne doit être négligé, il y a bien évidemment des priorités. Dans le cadre du premier axe,  l’équipe départementale, si elle a le soutien des élus politiques, est à mon sens la clef de voûte du développement du cyclisme en Haute-Loire. Le deuxième est d’accroître le niveau qualitatif et quantitatif des organisations. 

Le CD 43 compte actuellement 9 clubs pour un peu plus de 450 licenciés dont 29 féminines.

Les 9 clubs du département : Vélo Sport Brivadois – Vélo Club du Velay – Union Cycliste Le Puy en Velay – Golène Evasion – Vélo Club Ance Arzon – Coste Crew VTT – Auzon Com Bike – Team Cycliste Langeadois – Trial Club des Crampons /club de Trail VTT basé à ST Maurice de Lignon

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